31.1.05

La course à l’euro…

Dans la suite de l’enlisement américain en Irak, tout le monde a noté que la baisse du prix du dollar semblait signifier une nouvelle défaite des tous puissants Etats-Unis face à l’Europe. Dans le même temps, les cours du pétrole s’envolaient. Même l’économie mondiale avait déclaré la guerre à George W. Bush. Pourtant, à y regarder de plus près, qui profite réellement du raffermissement de la position internationale de l’euro ? Devient-elle pour autant une monnaie de référence, attirant les investissements directs de l’étranger ?
Jusqu’à présent, pour comprendre le jeu de l’économie mondiale, il convient d’inverser le prisme et de ne pas surestimer le modèle européen. Les deux seuls utilisateurs de l’euro pour les payements internationaux en sont revenus : l’Irak pour cause de changement de direction, la Libye pour cause de changement d’activité. La politique d’un dollar faible, car c’est bien de cela qu’il s’agit, a été décidé par Washington. L’objectif, toujours le même depuis l’abandon du Gold Exchange Standard, est de faire financer les déficits américains par l’étranger, tout en stimulant la croissance qui finira par engendrer une confiance dans le dollar et, partant, son renchérissement.
Voilà qui explique d’un autre jour la position de la Chine, face aux critiques occidentales quant à son régime de changes. Le bras de fer américano-chinois qui s’est fait jour au sein du G7, dont la Chine ne fait pas partie, même si ses grands argentiers sont invités à la réunion du G7 de Londres de samedi prochain, est destiné à faire une victime, et elle ne sera pas celle que l’on croit. Dans ce climat, en effet, l’Europe se trouve bien dépourvue, n’ayant pas de stratégie économique à l'œuvre. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, en a été réduit, à Davos, à promettre une relance de l'agenda de Lisbonne. Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, en est, lui, réduit à jouer les martyres, réaffirmant que la hausse de l’euro « est malvenue et contre-productive ». Le paradoxe est que dans cette sorte de « guerre froide monétaire », où les deux puissances les plus dynamiques poursuivent leurs objectifs d'expansion sans se soucier des taux de change, l’euro est obligé de jouer le mauvais rôle. La variable d’ajustement.

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